Travaux

Mardi 28 mai 2013 2 28 /05 /Mai /2013 18:13

Francesco_Botticini_-_I_tre_Arcangeli_e_Tobias.jpgLa réconciliation ayant été obtenue et l’image divine de l’opérant ayant été restaurée, ce dernier s’est alors vu remis dans un état de relative ressemblance avec son créateur, et a ainsi pu se fortifier dans la foi et persévérer dans son combat continuel contre les tentatives de corruption incessantes des esprits démoniaques qui visent par son enveloppe corporelle à atteindre le mineur spirituel qui l’habite en tant que temple de l’esprit. Il a pour se faire rejeté ces esprits de prévarication au plus profond des abîmes, condamnant leur action maléfique, et demandant leur dispersion, c’est à dire l’anéantissement de leur puissance démoniaque.  

 

Ce n’est donc qu’au terme de ce long processus de restauration, débuté à la nouvelle lune à l’occasion de laquelle il aura préalablement procédé à un exercice d’expiation par la récitation des Psaumes pénitentiaux, que l’opérant pourra prétendre recouvrer, en guise de marque de réconciliation, les vertus et pouvoirs qui étaient originellement les siens et qui le constituaient image et ressemblance divine. Et il se sera alors écrié, s’adressant à l’Eternel :

« ô +10 accordes-moi d'invoquer dignement ton saint nom, pour que je puisse, par lui, obtenir le secours et l'assistance des esprits, ministres de tes volontés que j'invoquerai dans ce sacrifice ; que leurs vertus saintes, que leurs puissances salutaires d'onction, de persuasion, de sanctification activent utilement et efficacement sur moi, sur mes frères ici présents, et sur tous ceux pour qui nous te prions, afin qu'après avoir acquis notre réconciliation temporelle spirituelle avec Toi, comme l'obtint ton premier homme, nous obtenions aussi de ta miséricorde de recouvrer nos vertus et puissances premières, pour manifester à tout l'univers ta gloire, ta miséricorde et ta justice. Amen. »[1]

 

Alors, ainsi rétabli et fortifié il invoquera les puissances célestes, de même que ses patrons et son ange gardien, afin que ceux-ci le protègent, le guident, l’instruisent et manifestent ainsi sur lui les effets de sa réconciliation personnelle pleinement restaurée en lui communiquant par leurs intellects tout ce qui jadis faisait la grandeur et la gloire de l’homme originel.

 

Cette invocation se fera plus édifiante et exaltante selon les aptitudes et forces acquises à l’occasion de sa progression dans l’ordre et des ordinations reçues qui sont autant de portes ouvertes à l’intellect et donnant accès au royaume invisible. Ainsi, l’opérant invoquera-t-il prioritairement les esprits oeuvrant à la conservation de son être corporel mais lui apportant aussi conseil et discernement dans toutes ses actions temporelles et spirituelles dans sa vie familiale, sociale, civile, c'est-à-dire dans toutes les interactions qu’il entretient avec ce monde mais aussi pour son entretien et sa conservation temporelle. Ainsi l’opérant, encore dans un certain apprentissage de ses puissances et vertus recouvrées, invoquera-t-il en ces termes les entités angéliques et plus particulièrement son gardien :

« O toi qui m'est donné et que j'adopte de préférence pour être mon guide et mon gardien, ô viens à moi sans différer, rends-toi à mon appel, sois revêtu et muni de toute la puissance spirituelle divine, pour que je puisse en fortifier toutes mes facultés et que nos vertus et nos puissances réunies opèrent ensemble dans toutes mes oeuvres particulières et générales, tant civiles que domestiques, temporelles et spirituelles. (…) Je te conjure, ô + (le gardien), au nom du Créateur tout puissant, de me prévenir avec certitude de tous les événements heureux ou malheureux quelconques qui devront me survenir dans toutes mes entreprises temporelles et spirituelles. Suggère-moi donc toutes les précautions que je dois prendre, toutes les réflexions que je dois faire, tant pour ma conservation que pour mes besoins, dans le temporel comme dans le spirituel. Inspire-moi dans les devoirs différents que je dois remplir envers tous mes semblables, supérieurs égaux ou inférieurs. Garde-moi à vue, rends-moi confiance pour confiance, défends-moi des embûches des démons, aide-moi à les vaincre, aide-moi surtout à me vaincre moi-même, accompagne toujours ma pensée, ma volonté et mon action. »[2]

 

Puis ayant fourbi ses nouvelles armes spirituelles, et ayant été confirmé dans ses nouvelles facultés par une nouvelle ordination, l’opérant pourra par la suite invoquer de nouveau les mêmes êtres spirituels afin d’obtenir d’eux toutes les connaissances relatives à son être corporel, sensible, animal et spirituel, c'est-à-dire relatives à l’homme dans toute l’étendue de sa nature et des relations qu’il entretient intellectuellement – c'est-à-dire par les intellects qu’il reçoit – avec les entités spirituelles et avec son divin créateur. Il demandera aussi à connaître la nature des différents êtres divin, spirituels et humains afin de connaître les correspondances qui existent des uns aux autres :

« Oui +7 mon fidèle gardien, répands sur moi un rayon de ton feu divin pour qu’il m’éclaire sans cesse sur tout ce que je dois connaître de mon être corporel, de mon être animal passif et de mon être spirituel actif ! Fais-moi distinctement comprendre quels sont les cinq sens de correspondance intellectuelle que j’ai en mon pouvoir avec toi et avec le Créateur ! (…)  Sur toutes choses, +7 (esprit bon compagnon), je te conjure de me donner une parfaite connaissance de l’être divin, de l’être spirituel pur et de l’être humain (…). Je pense devant toi, ô mon guide et mon conseil, que ces trois choses que je viens de te demander doivent me donner la connaissance dont j’ai besoin pour moi et pour mes semblables de la correspondance qui existe réellement entre l’homme, l’ange et Dieu ; et que par cette connaissance non seulement je deviendrai meilleur avec ton secours, mais aussi que je pourrai plus dignement devenir l’instrument de la miséricorde du Créateur envers ses autres créatures. Amen. »[3]

 

Car déchu de sa couche glorieuse d’émancipation, l’homme doit maintenant chercher auprès des esprits, qu’il attache à lui par ses prières et ses œuvres, les instructions, connaissances et secours qu’il recevait jadis directement de son créateur, voire même qu’il possédait de façon innée. En particulier, si l’homme originel manifestait sa grandeur par sa connaissance de toute chose créée et de tous les esprits émanés qu’il dominait et commandait, ainsi que par sa faculté de lire directement les desseins divins dans la pensée de son créateur, c’est aujourd’hui auprès des entités spirituelles qui lui étaient jadis soumises qu’il doit aller quérir les connaissances élémentaires lui permettant d’approcher les vérités qu’il détenait de par sa nature originelle d’homme-dieu. En effet, étant maintenant un être dégradé, ce n’est que par l’intermédiaire d’esprits qui lui étaient jadis inférieurs, qu’il peut aujourd’hui, selon ses efforts et sa volonté propre, réacquérir ces connaissances et cette communication, mais sous une forme toute différente adaptée à sa nouvelle condition terrestre et d’homme en forme corporelle d’apparence matérielle. Aussi, c’est vers ces esprits dont il doit maintenant attendre les secours, qu’il se tourne afin de recevoir par grâce du Créateur les connaissances qu’il possédait préalablement de façon innée ou par jonction divine.

 

Ces connaissances sont de la plus haute importance pour l’opérant qui, grâce à elles, sera instruit de la manière dont il peut préserver et entretenir sa constitution temporelle qui lui permet d’opérer dans ce monde. Connaissances qui l’instruisent aussi des milieux dans lesquels il doit opérer de façon temporelle et spirituelle ; de la façon dont par ses vertus et puissances il pourra communiquer et actionner dans ces différents milieux qui sont ceux de son être corporel, sensible et spirituel ; le tout afin de rétablir sa jonction avec son créateur et accomplir ainsi sa volonté et manifester sa toute puissance sur l’ensemble de la création qu’il doit amener à la restauration. Ainsi, le Coen ayant enfin reçu la plénitude des ordinations invoquera ces puissances spirituelles bienfaisantes en disant :

« Je m'adresse aussi particulièrement et nommément à vous, esprits qui êtes chargés par l'Eternel, de veiller à la formation, à l'entretien et à la succession des parties qui constituent mon corps matériel ; je vous conjure par le même nom puissant du Dieu Créateur et première cause de tout ce qui apparaît +10, de venir au secours de ma forme corporelle matérielle toutes les fois qu'elle sera en danger d'une dissolution prématurée, toutes les fois que quelqu'une de ses parties perdra l'envie et l'équilibre établi pour sa durée, et toutes les fois que je vous appellerai pour rétablir et réparer le dérangement de ma santé. (…).

Je m'adresse aussi particulièrement et nommément à toi +11 (son gardien) pour que, suivant l'ordre que tu en as reçu de l'Eternel, tu sois toujours mon appui, mon guide, et mon conseil et que tu fasses jonction avec moi, en imprimant sur moi le caractère sacré de ton intellect, afin que conduit par lui je puisse désormais retenir impression et profiter des instructions salutaires que je te demande par mon intention et ma parole. (…) ô +11 mon véritable prochain, je te conjure par la quatriple essence divine de répandre en moi un rayon de ton feu puissant et intelligible, qui m'éclaire et me fasse comprendre parfaitement tout ce que je suis dans mon être corporel matériel, dans mon être sensitif temporel, et dans mon être spirituel éternel ; et quels sont les moyens de correspondance intellectuelle que j'ai à mon pouvoir avec toi, et par toi avec les autres êtres et avec l'Eternel ; marche toujours devant moi et avec moi jusqu’à ma parfaite réintégration dans le sein de mon créateur (…).

Je m'adresse aussi particulièrement et nommément à vous, esprits dégagés des liens de la matière, ô +++ (ses patrons) qui jouissez maintenant du fruit de vos vertus et dont j'ai le bonheur, de porter les noms. Je vous conjure par ce nom que vous avez invoqué avec tant de confiance et de succès ô +10, de contribuer à mon salut éternel par vos prières et votre intercession auprès du Père des miséricordes mon Créateur, auprès du Fils mon Rédempteur et auprès du Saint-Esprit mon Sanctificateur. Obtenez pour moi les grâces, les secours, et la clémence de la divinité qui vous récompense aujourd’hui des combats que vous avez livrés dans ce séjour ou je suis encore ; faites que j'en sorte triomphant comme vous en m'assistant de vos vertus et puissances actuelles. »[4]

 

Nous remarquons, dans ce dernier extrait d’invocation, une très belle évocation de la sainte et indivisible Trinité auprès de laquelle les patrons de l’opérant sont dits devoir intercéder. Contradiction apparente d’un Martinès dont l’approche trinitaire du Traité est pour le moins hétérodoxe – et encore faudrait-il se pencher sur le sens précis de cette conception martinésienne de l’essence divine triple et quatriple et des puissances y afférent – mais qui affiche par ailleurs une parfaite orthodoxie trinitaire dans les différents travaux et prières de l’Ordre.  

 

Une fois ce travail effectué, l’opérant attendra, de la part des esprits invoqués, une confirmation de leur jonction ou de leur intercession. Cette confirmation pourra se manifester par hiéroglyphes en forme de feux,  par sons, forme humaine ou par tout autre signe de convention entre l’opérant et les entités spirituelles. La jonction de l’esprit avec l’opérant se fera quant à elle simplement de façon consciente ou inconsciente, en pensées, visions ou songes instructifs.  Mais cette même jonction se manifestera aussi sous forme de réponses aux questions de l’opérant données par l’interprétation des caractères de feu manifestés, et associés à chaque esprit, et que l’opérant devra déchiffrer et interpréter selon un alphabet spirituel dont il aura acquis la clé. Et c’est cette confirmation de la coopération des entités spirituelles à ses desseins que l’opérant demandera à la fin de son invocation :

« Donne-moi des preuves certaines de ton assistance et des instructions que je te demande sur tout ce que tu sauras m’être nécessaire ! Apprends-moi à te connaître indubitablement si tu m’apparais sous ta propre forme spirituelle ou sous une forme humaine ou bien par caractères, hiéroglyphes ou autres figures de feu, ou enfin par mon signe de convention établi avec toi pour que tu répondes en me le rendant, par ton feu de différentes couleurs, à mes désirs et à mes demandes. »[5]

 

Nous sommes ici bien loin d’une opération de magie cérémonielle. Ce qui est en effet ici demandé, ce ne sont pas des sortes de super pouvoirs donnant à l’opérant la possibilité d’un bénéfice matériel ou affectif quelconque, ou bien procurant un avantage temporel. Non, l’objet est ici beaucoup plus noble et élevé. Il ne s’agit pas moins que de réacquérir les connaissances perdues afin de pratiquer le culte qui était celui de l’homme originel afin de participer au gouvernement, à l’entretien et au rétablissement de la création dont l’homme a provoqué la chute. Mais encore, l’objet de ce travail est bien de participer au combat que livrent dans les cieux les légions angéliques face aux légions démoniaques de Satan. Combat rendu possible par la connaissance acquise des qualités de ces légions célestes et de leur rapport avec l’homme autant que par la connaissance des esprits maléfiques que l’opérant rejette dans ses exconjurations, ainsi que lors de leurs éventuelles manifestations.

 

Ayant précisé ce dessein sublime qui malheureusement fait trop souvent l’objet  d’une complète incompréhension, il nous reste à préciser un point qui apparaît habituellement sous forme de question au mieux mais plus systématiquement sous forme d’objection à la pratique invocatoire : pourquoi demander à des esprits célestes ce que l’on peut directement obtenir du Christ lui-même. Pourquoi les Coens s’adressent-il aux serviteurs alors, qu’en tant que chrétiens, ils ont accès au Maître ? Nous répondrons simplement par le saint Evangile :

« Aussitôt après, l’Esprit le [Jésus-Christ] poussa dans le désert où il demeura quarante jours et quarante nuits. Il y fut tenté par Satan ; et il était parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. » (Mc 1, 12-13)

et :

« Puis étant sorti, il [Jésus-Christ] s’en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers ; et ses disciples le suivirent. Lorsqu’il fut arrivé en ce lieu-là, il leur dit : Priez, afin que vous ne succombiez point à la tentation. Et s’étant éloigné d’eux environ d’un jet de pierre, il se mit à genoux, et fit sa prière, en disant : ‘Mon Père ! si vous voulez, éloignez ce calice de moi ; néanmoins que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la vôtre.’ Alors il lui apparut un ange du ciel, qui vint le fortifier. Et étant tombé en agonie, il redoublait ses prières. » (Lc 22, 39-43)

 

A l’issue de cette étude, il nous paraît important de conclure en partageant ce qui nous apparaît maintenant comme une évidence : la théurgie Coën c’est tout d’abord et fondamentalement le Christ qui agit en l’homme pour la restauration de la réconciliation et sans lequel rien ne serait rendu possible.

 

[1] Fonds Vichy, V 106 liasse 5 pièce 6

[2] Invocation de Maître Coën – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282

[3] Invocation de Grand Architecte – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282

[4] Fonds Vichy, V 106 liasse 5 pièce 6

[5] Invocation de Grand Architecte – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282

Par Esh494 - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 14 avril 2013 7 14 /04 /Avr /2013 15:47

Combat des anges La réconciliation peut donc être acquise pour chaque homme, individuellement, et ce malgré les imperfections et fautes répétées, par le travail d’expiation et la demande constante de la grâce. Il nous paraît important – voire primordial - de noter que cette réconciliation est acquise, non seulement par le sacrifice du Christ sur la croix, mais que le rétablissement spirituel de l’être réconcilié se fait par l’action purificatrice, réparatrice et réconciliatrice du Saint Esprit. En effet, la réconciliation spirituelle totale du mineur spirituel n’est pas l’oeuvre seule de l’Eternel que l’opérant invoque, mais elle se réalise par la volonté du Père, agissant par son Fils et s’opérant par l’infusion de l’Esprit qui couronne l’homme réconcilié en lui rendant la plénitude de ses puissances et vertus spirituelles, comme il plut à l’Eternel de le faire avec le premier homme réconcilié, Adam ainsi que l’opérant le rappelle dans sa prière :

« Qu’il Te souvienne, ô Eternel, de la première réconciliation de ton premier maçon qui fut faite par Toi, par ton Esprit et par ton Fils ton ami chéri. »{1]

 

En cela nous pouvons dire que l’Esprit Saint est le consolateur de l’homme. Car l’Esprit Saint agit en l’homme pour l’affermir dans la voie de la réalisation de sa réconciliation. Pour ce faire, l’Esprit Saint vient apporter à l’homme la consolation de son éloignement, de son isolement spirituel en rétablissant en lui une certaine proximité avec son Créateur ; proximité qu’il trouve dans la contemplation des mystères divins auxquels l’Esprit Saint ouvre l’esprit de l’homme mais aussi dans la force qu’il confère à l’homme pour affermir sa volonté de rapprochement de son Créateur dans l’observance des préceptes et commandements de Notre Seigneur qui ouvrit la voie par son sacrifice glorieux, ainsi que dans l’étude des enseignements que ce même Fils divin est venu délivrer par sa parole divine.

 

Aussi, c’est bien à la Sainte et Indivisible Trinité que l’opérant s’adresse dans sa prière afin d’obtenir d’Elle, et pas seulement du Père, toute grâce et toute vertu :

« Ô Dieu mon créateur ô+10, ô Dieu mon sauveur, ô+8, ô Dieu mon conservateur ô+7, je te réclame fermement pour que nous soyons ordonnés en qualité de tes vrais élus par tes agents divins ; laisse tomber sur nous un rayon de ta Grâce ; appliques sur nous les mérites efficaces du sacrifice que t'offre sans cesse ton fils adorable (…) »[2]

 

Car c‘est bien la Trinité qui agit, lave et donne sous les auspices et par la volonté du Père, Qui pourvoit par amour au bien de sa créature en sacrifiant son Fils incarné et en envoyant son Esprit sur l’homme réconcilié par ledit sacrifice.

 

Mais, demandera-t-on, que procure au juste cette réconciliation du point de vue de l’opérant ? Quels sont ses effets ?

 

Pour répondre à ces questions, continuons notre exploration au sein des différentes invocations que propose l’Ordre :

« Ô Eternel tout puissant à qui je dois mon être spirituel et mon être corporel, ma pensée, ma volonté, mon action et ma parole ; aide-moi, par ta bonté infinie, à me convaincre fermement que je vis en Toi comme étant en Toi-même ; que je suis l’image et la ressemblance réelle de tes vertus et puissances ; et que je suis véritablement un chef principal de toutes tes œuvres »[3]

 

Que confère donc la réconciliation ? l’image et la ressemblance ! Oui, la réconciliation restaure l’image dégradée et rétablit une certaine ressemblance qui ne pourra être parfaite que lors de la déification qui suivra la résurrection consécutive au second Avènement de Notre Seigneur.

 

Que produit alors cette restauration de l’image et de la ressemblance ? elle remet l’homme en possession totale de ses vertus et puissances originelles ; elle produit dès ce monde hic et nunc la réintégration de l’homme dans ses vertus et puissances spirituelles divines qui sont inhérentes au titre glorieux que le qualificatif « d’image et ressemblance » lui confère. Ainsi, l’opérant peut-il s’exclamer :

« Qu'il Te plaise, ô Eternel, par ta pure miséricorde, remettre à ton homme repentant, contrit et humilié, les dons et les vertus dont Tu l’avais comblé en l'émancipant de ton immensité divine ; remets-moi dans mon premier état de justice devant Toi. Malgré toute la dégradation que j'éprouve par ma faute, ô Dieu mon Père et mon Créateur, je suis toujours ton image en vertu, ta ressemblance en puissance et le seul objet de tout ce qui a été fait par Toi. »[4]

 

Pour obtenir cette réconciliation et cette restauration, l’opérant aura dû reconnaître ses écarts et il aura dû demander le pardon de ses fautes afin que cette réconciliation puisse agir pleinement et entièrement dans un cœur contrit, humilié et purifié par la contrition :

«Prends pitié des maux terribles qui assiègent mon être corporel et mon être spirituel ! Mais, ô mon Dieu, que ta volonté soit faite. Je sais que ces maux me rappellent à mon premier principe, à ma première soumission et à ma première vertu et me font connaître toute la justice de tes jugements dans la privation où tu m’as mis de ma puissance et de ta présence, à cause du peu de cas et d’exactitude que j’ai eu dans l’exécution des lois que tu avais attachées au bonheur de mon état originaire. Ô Dieu vivifiant +10, remets mon âme repentante dans son premier état d’innocence et de fidélité envers toi ; je suis par elle ton image et ta ressemblance, rends-moi toutes les vertus et puissances attachées à ce titre glorieux ! Entends mes cris et mes gémissements, dissipe les dangers auxquels je suis exposé et que je ne puis éviter que par ton secours divin. X Dieu vengeur et rémunérateur, ne perds donc pas de vue celui pour qui Tu as tout fait, ne le laisse pas tomber sans ressource ! Remets à ton homme contrit et humilié devant Toi, tout ce qu’il T’avait plu de lui donner pour le fortifier, le soutenir et le conduire dans toutes ses oeuvres temporelles et spirituelles qu’il devait opérer pour ta plus grande gloire. »[5]

La demande ne peut être plus claire et insistante, l’aspiration plus fervente.

 

L’opérant ainsi remis en plénitude de tous ses droits et pouvoirs agira alors, non pas pour, mais parce que. Il ne demandera pas d’obtenir la réconciliation, mais rappellera les droits et pouvoirs qu’elle lui confère parce qu’il sait l’avoir déjà obtenue. C’est pourquoi il proclamera avec assurance :

« Ô Dieu clément et miséricordieux, je puis me dire maintenant ton fils, puisque je me crois parfaitement purifié par Toi. Oui, je le suis parce que je l’ai désiré sincèrement et que Tu me l’as accordé d’après tes promesses immuables et j’atteste les cieux et tous leurs habitants de me reconnaître pour tel. Ô mon Père, ô mon Créateur, je suis donc enfin remis par ta pure volonté dans ce premier état de vertu et de puissance dont j’avais été déchu. »[6]

 

Nous le voyons donc, chaque Coen cherchera par ses opérations à bénéficier, dès cette vie et dans ce monde, de tous les bienfaits que la réconciliation acquise peut apporter. Et ce n’est donc pas à la quête de preuves de sa réconciliation que le Coen travaillera, sachant qu’elle lui est déjà acquise et qu’il ne tient qu’à lui de la rendre effective en puissance par la réconciliation opérée sur la nature humaine et surtout de la conserver par ses actes et une contrition régulière. Mais le Coen travaillera plutôt à obtenir la plénitude des bienfaits qu’il peut espérer du fait de ladite réconciliation et qui lui ouvrira des horizons infinis. Bienfaits dont il demandera par son travail opératoire, nous l’allons voir, la manifestation sensible ou spirituelle.

 

Et c’est ainsi qu’affermi dans l’espérance d’avoir été gratifié de nouveau des puissances et vertus originelles qui faisaient de lui un homme-dieu, que l’opérant se livrera au travail qui était le sien à l’origine des temps, qui ne doit jamais cesser de l’être, mais qu’il ne peut accomplir que par la grâce de la restauration de son image et de sa ressemblance.   

 

Ce travail commence par la molestation des esprits de prévarication qui ne cessent d’attaquer sa forme corporelle afin d’atteindre par son âme son être spirituel. Ce sont ces esprits maléfiques, agents du Prince de ce monde, qu’il doit combattre et repousser afin de préserver son intégrité retrouvée et protéger de même toute la création en proie à leurs influences néfastes. Et pour cela, c’est avec la plus grande prudence, mais aussi la plus ferme conviction de son rétablissement, qu’il pourra affirmer :                                      

« ô +10, Dieu de paix, fermement persuadé de ta miséricorde et de ma réconciliation avec Toi, j'ose maintenant me croire ton fils spirituel, ta créature purifiée et remise en son premier état de vertu et de puissance ; j'ose me présenter comme tel aux cieux, à la terre et aux abîmes et à tous les êtres qui y habitent; et en cette qualité par ton nom saint et redoutable, ô +10, je maudis et abjure Satan et tous ses adhérents. "[7]

 

Cette molestation consistant à contenir l’action des agents maléfiques dans les bornes de l’univers matériel temporel, et ainsi de les priver de toute proximité divine, de toute participation à la félicité, et de toute atteinte aux cieux surcélestes, fut une des missions confiée originellement à Adam par l’Eternel lors de son émancipation. Et, les décrets divins étant immuables, cette responsabilité n’a pas été retirée à l’homme du fait de sa chute car c’est maintenant dans ce monde qu’elle doit s’exercer. C’est pourquoi tout Coen réconcilié, Adam terrestre rétabli par l’Adam Céleste, doit continuer ici-bas ce combat, en parfaite harmonie avec les légions angéliques qui agissent de concert dans les cieux. C’est donc bien à une participation à ce grand combat qui se déploie sur la terre et dans le ciel, que le Coen doit se vouer avec les armes des puissances et vertus qu’il a pu recouvrer par sa réconciliation. Et c’est ainsi qu’il pourra alors s’exclamer :

« Je suis enfin remis, ô Eternel, Dieu d'Ismaël, par ta volonté immuable, à mon premier état de vertu et de puissance invincibles. Fuyez loin de moi, immondes, iniques et pervers persécuteurs et tentateurs de l'homme-Dieu de la terre, à qui l'Eternel a remis toutes vertus et puissances contre vous tous. Je commande que vous soyez dissipés de devant moi par ma propre parole et volonté divine ainsi que la poussière l'est par les vents les plus impétueux. Soyez éternellement confondus par moi et par ceux qui ont le même pouvoir que moi, de même que le plus petit grain de sel le serait dans les plus profonds abîmes de la mer. Ainsi soit fait, de par l'Eternel, que je l'ai prononcé. Amen. » [8]

Mais ce combat ne pourra pas se faire seul. L’opérant devra le faire avec le soutien de son gardien, de son bon compagnon, qui non seulement viendra l’affermir dans cette épreuve mais aussi par son soutien et sa protection combattra à ses côtés en le fortifiant dans ses vertus. C’est pourquoi dans ses prières journalières, le Coen demandera à son bon compagnon :

« Ô toi, bon compagnon, esprit divin de force de sagesse et de lumière. Etre puissant avec lequel je cherche de faire la jonction la plus intime, je t’appelle et t’invoque. Viens à mon aide ; conduis-moi pendant toute cette journée dans la voie du salut ; anime-moi de ce divin amour dont tu es embrasé ; donne-moi les armes nécessaires pour vaincre mes ennemis spirituels ; guide mes pas dans la vérité. Je m’abandonne avec la plus grande confiance à ta direction. Amen. »

 

Ce combat, qui est une des grandes œuvres du Coen, est fondamental. Car en repoussant le Malin et ses légions, il se protègera non seulement lui des attaques de ces êtres pervers et maléfiques, mais par leur rejet, opéré au centre des circonférences qui figurent à la création universelle, il protègera l’ensemble de cette création de la corruption à laquelle elle est  confrontée de par l’action et la traction que les esprits de prévarication opèrent sur elle en attaquant les esprits ternaires inférieurs qui opèrent à son entretien et à sa conservation. Car si les esprits angéliques septénaires et octénaires supérieurs viennent dans ce combat appuyer l’homme en luttant à ses côtés, de son côté l’homme a pour responsabilité de protéger les agents inférieurs de la création en éloignant d’eux les esprits maléfiques, précipitant ces derniers par sa volonté et son action, au fond des abîmes des ténèbres. Il s’agit alors bien d’un combat célestiel auquel l’opérant se livre de toutes ses forces recouvrées, par ses vertus et puissances, combat célestiel qui fait véritablement de lui un Chevalier Maçon Elu Coen de l’Univers, c’est à dire un Chevalier constructeur, élu par l’Eternel, par les ordinations et l’assentiment de La Chose, comme prêtre pour la restauration de l’univers.



[1] Invocation de Grand Architecte – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282

[2] Fonds Vichy, V 106 liasse 5 pièce 6

[3] Invocation de Grand Architecte – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282

[4] Fonds Vichy, V 106 liasse 5 pièce 6

[5] Invocation de Grand Architecte – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282

[6] Ibidem

[7] Ibidem

[8] Ibidem

Par Esh494 - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 6 février 2013 3 06 /02 /Fév /2013 13:40

téléchargementIl est fréquent de lire ci ou là, en considération de l’oeuvre de rédemption opérée par Notre Seigneur Jésus-Christ, que les travaux des Elus Coens sont rendus inutiles par l’institution de la Nouvelle Alliance. Que les travaux de réconciliation opérés par les frères des Ordres Coens s’adonnant à des pratiques archaïques, et relevant du culte de l’Ancienne Alliance, sont au mieux dénués de tout intérêt et au pire hérétiques pour des chrétiens. Que la réconciliation ayant été définitivement opérée par le dernier sacrifice sanglant, qui fut celui de Jésus-Christ, Dieu incarné, les Coens poursuivent un objectif déjà atteint du fait d’une réconciliation déjà définitivement acquise dans ce sacrifice divin. Que les Coens ne doivent donc attendre aucune autre réconciliation, celle opérée par Dieu lui-même ne pouvant être supplantée par aucune autre. Enfin que, depuis l’incarnation du Christ, il n’est d’aucun intérêt de s’adresser aux esprits angéliques alors même que l’accès direct au Père par le Fils a été donné à tout homme baptisé.


 

Nous ne pouvons qu’exprimer notre accord avec la plupart de ces réflexions et exprimer aussi notre étonnement relativement au foisonnement de ces affirmations, voire de ces prises à parti.

 

 

En effet, en tant que chrétien, nous ne pouvons – ni ne souhaitons - nier l’œuvre de réconciliation qui fut définitivement et éternellement opérée par le Christ et qui opère depuis lors quotidiennement dans le monde ainsi qu’en témoigne l’apôtre :

« En effet, alors que nous étions encore sans force, Christ est mort pour des pécheurs au moment fixé. A peine mourrait-on pour un juste ; peut-être accepterait-on de mourir pour quelqu’un de bien. Mais voici comment Dieu prouve son amour envers nous : alors que nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. Puisque nous sommes maintenant considérés comme justes grâce à son sang, nous serons à bien plus forte raison sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu grâce à la mort de son Fils lorsque nous étions ses ennemis, nous serons à bien plus forte raison sauvés par sa vie maintenant que nous sommes réconciliés. Bien plus, nous plaçons notre fierté en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, par qui maintenant nous avons reçu la réconciliation. »[1]

 

 

Et cette réconciliation c’est la promesse pour l’homme du Royaume des Cieux et de la vie éternelle. C’est la réouverture pour l’homme des portes du paradis. Ainsi, ce qui avait été fermé par le premier Adam, est maintenant ouvert à l’homme par le second Adam ; ce qui avait été rendu mortel par le premier Adam, est rendu immortel par le second Adam. Ce rétablissement de l’accès au paradis est annoncé par le Christ lors même de sa crucifixion à l’un des larrons situé à ses côtés en ces mots : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».[2] Voilà la réconciliation, celle qui permet le retour de l’enfant prodigue car grâce à elle Adam fut réhabilité et avec lui toute l’humanité. Et cette réconciliation est immédiate. Le Christ n’a pas dit, à mon retour, après mon avènement et au jugement dernier. Non, ceci est vrai dès aujourd’hui et fut réalisé par le Christ lors de sa descente aux limbes dans lesquelles il vint délivrer les Patriarches suivant ce que dit la tradition. Martinès présente cette réconciliation sous la forme de la deuxième des trois opérations que le Christ devait opérer parmi les hommes :

« Son type [d’Enoch] est celui des trois opérations distinctes que le Christ avait à faire chez les hommes pour la manifestation de la gloire divine, pour le salut des hommes et pour la molestation des démons. Ces trois opérations sont : la première qui s'est faite pour la réconciliation d'Adam, la seconde pour la réconciliation du genre humain, l'an du monde 4000 ; la troisième qui doit paraître à la fin des temps, et qui répète la première réconciliation d'Adam, en réconciliant toute sa postérité avec le Créateur, pour la plus grande mortification et pour l'humiliation du prince des démons et de ses adhérents. » (Traité, 112)

 

 

Cette réconciliation opérée durant les trois jours de sa sépulture passés dans les entrailles de la terre, nous est elle-même présentée par Martinès sous la forme de trois opérations particulières :

« Le premier jour, il descendit dans les lieux de la plus grande privation divine, appelés vulgairement les enfers, pour délivrer de la servitude horrible les mineurs marqués du sceau de la réconciliation. C'est véritablement là la première opération, puisqu'il n'était venu chez les hommes que pour opérer en nature la justice divine directement contre les ennemis du Créateur. La seconde opération du Christ fut faite en faveur des justes, que l'on nomme Saints Patriarches, qui payent encore tribut à la justice du Créateur, non pas pour avoir mené une vie criminelle, ni s'être mal conduits spirituellement, mais seulement pour purger la souillure qu'ils ont contractée par leur séjour dans une forme de matière qu'ils ont eue, et où ils sont descendus par la prévarication d'Adam, tandis qu'ils devaient habiter un corps de gloire incorruptible, selon que le Christ nous l'a montré physiquement par sa résurrection glorieuse. (…) La troisième opération du Christ fait allusion au troisième jour de sa sépulture ; et elle fut faite sur deux espèces de mineurs qui étaient plus ou moins resserrés en privation divine. (…) C'est donc, comme nous l'avons dit, à abréger le cours et les opérations des mineurs dans ces trois cercles que consiste la première substance [3] de la troisième opération du Christ, afin que ces mineurs puissent ensuite se reposer à l'ombre de leur réconciliation. La seconde substance visible aux hommes corporels consiste dans le plan qu'il leur a tracé lui-même, soit par sa résurrection, soit par sa propre instruction qu'il a laissée à ses fidèles élus par sa parole spirituelle divine. Voilà sincèrement ce que je sais et ce qui m'a été dit touchant la réconciliation faite par le Christ, réconciliation vraiment préparée par les élus justes de ce même Christ, auquel il en avait donné le premier l'exemple, ainsi que je vais le faire concevoir. » (Traité, 36-40)

 

 

C’est cette même réconciliation offerte par le Christ que les Elus Coens confessent et même « revendiquent » en demandant :

« Et pour ce je réclame le secours et l'assistance puissante du Dieu Sauveur ô +8 qui m'a réconcilié et régénéré et du Dieu Sanctificateur ô +7 par qui je puis obtenir l'exercice de mes vertus et de mes puissances spirituelles temporelles »[4]

 

 

Nous ne pouvons – ni ne voulons - non plus nous opposer à cette admirable vérité qui consiste dans la reconnaissance de la grâce infinie qui nous a été donnée de prier le Père et de contempler le Père dans son Fils et par son Fils Jésus-Christ ; et d’obtenir du Père par la Fils et l’Esprit Saint toute grâce et toute vertu par l’intermédiaire des sacrements que dispensent les ministres de l’Eglise du Christ. En effet, nous ne pouvons pas ignorer ou réfuter cela.

 

 

En revanche, ce que nous constatons dans les affirmations présentées et dans les préjugés qui les accompagnent parfois, c’est souvent une profonde incompréhension du véritable sens des travaux Coens. Car il est totalement erroné de dire que le but des travaux Coens est la recherche de la réconciliation que l’homme déchu n’aurait pas encore trouvée auprès du Créateur. En effet, celle-ci étant déjà acquise définitivement par l’œuvre du Christ, et du fait que cette œuvre s’étend à toute l’humanité passée, présente et future, à quoi bon chercher à l’obtenir par des travaux personnels et surtout par l’action et la manifestation de créatures invisibles qui ne sont que les agents et ministres de la volonté divine et du Fils chéri ? Ceci n’aurait pas de sens si nous nous bornions à considérer que cette quête de la  réconciliation constitue le seul et unique but des travaux des émules de l’Ordre.

 

 

Cependant, chacun doit savoir que, bien que la réconciliation ait été acquise de façon définitive, parfaite et universelle dans le Christ, les œuvres quotidiennes des hommes, suivant qu’elles sont ou non orientées par l’adhésion de ces derniers à la volonté divine, peuvent en altérer les effets et les bienfaits, pouvant même priver l’homme de son retour au jardin paradisiaque.  Ces œuvres quotidiennes humaines peuvent ainsi participer à la dégradation de l’image divine que chaque homme porte en la rendant de plus en plus dissemblante ou bien à contrario participer à sa restauration en renforçant la ressemblance par rapport au modèle. Ainsi nous le voyons, par un comportement dévoyé de ses lois naturelles, chaque homme rejette volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment, la réconciliation offerte.  Car cette réconciliation est offerte mais pas imposée, tant la liberté de l’homme doit être respectée. Il est alors du devoir de tout homme de travailler à  conserver ses acquis, c'est-à-dire de ne pas entacher cette réconciliation ou bien de la rétablir si elle a été mise à mal par des actes contraires aux ordonnances divines. Chaque homme devant se considérer comme pécheur dans ce monde ; chaque homme subissant régulièrement l’impression que font sur lui les intellects émanés des esprits malins ; chaque homme désobéissant aux commandements divins et succombant à son ego, préférant suivre sa propre volonté suivant un libre-arbitre altéré par les passions ; alors oui, dans ces conditions si funestes pour l’homme, la réconciliation toujours effective pour l’humanité doit être regagnée pour chaque homme par le pardon.

 

 

Aussi, l’homme doit-il par un acte de contrition volontaire, demander réparation à son divin Sauveur et par l’obtention du pardon renouer avec sa réconciliation personnelle. Et ce qui est aussi acquis, c’est la promesse du pardon car Dieu est amour et sa loi étant invariable il ne reprend pas ce qu’il a offert une fois. La réconciliation est acquise et définitive pour l’humanité ainsi que pour chaque homme tant que l’homme l’accepte, qu’il ne s’en détourne point et, si tel est occasionnellement le cas, tant qu’il implore le pardon de son Réconciliateur et divin Réparateur.

 

 

Aussi, les Elus Coens commencent-ils leurs invocations en se repentant de leurs erreurs, de leurs fautes, de leurs égarements et en reconnaissant le triste état dans lequel ceux-ci les ont projetés :

« C'est dans cet état de misère où je me suis réduit que j'ai recours à Toi, ô Dieu infiniment bon. Je m'écrie vers Toi du plus profond abîme pour T'exposer mes pleurs et mes douleurs. Vois donc mon repentir, entends l'aveu sincère de mon égarement, ô combien je suis coupable, à mon propre jugement, de m'être séparé de Toi ! Je dépose devant Toi les remords que j'en ressens. Exauce-moi, Seigneur ! Seigneur, aie pitié de moi ! L'opprobre et la confusion sont la suite de ma mauvaise conduite envers Toi, car je suis un fils ingrat, un ami perfide, un sujet rebelle. J'ai trop méconnu ta puissance et j’ai trop présumé de la mienne, que je ne tenais cependant que de ta bonté.

Mais je reconnais bien aujourd'hui, ô Dieu seul puissant, toute mon erreur, et j'éprouve bien que ta puissance et ta seule volonté surpassent toutes mes facultés, et qu'en punition de mon orgueil criminel, Tu as borné ma puissance et m'as privé de la connaissance de la vérité. Aussi, je ne suis plus entouré que d'erreurs et de ténèbres, tout autre être que moi me fait ombrage. Je ne connais plus rien qu'avec effort et avec doute, et tout superficiellement, et je ne puis plus rien de moi-même, si je n'obtiens de ta bonté la liberté d'employer mes facultés. »[5]

ou encore :

« Tu constituas et consacras ton homme maçon et bâtisseur spirituel dans cet univers ; il n'a rien bâti ni rien construit ni élevé sur ta base spirituelle, qui T'ait pu être agréable, qui ait pu être pour ta plus grande gloire. Pénétré de la plus vive douleur de son indifférence et ingratitude à tous égards, il s'élève et se réclame à Toi, Dieu fort, du profond des abîmes de cette terre. Oui, c'est moi qui suis seul criminel ; purifie-moi, exauce-moi. »[6]

et enfin :

« Ô Dieu Juste +10, je ne suis qu’horreur et ténèbres devant Toi et devant tous tes esprits purs ; l’aveu que j’en fais, mon repentir et les maux qui m’environnent Te sont connus et Tu ne peux y être insensible, car Tu Te qualifies Toi-même de Père des miséricordes infinies envers tes créatures. Je suis une de ces créatures pour qui Tu as eu tant de complaisance et en qui Tu as daigné mettre ta confiance. Ne me reprends point, ô Dieu redoutable, dans la rigueur de ta justice ! Prends pitié des maux terribles qui assiègent mon être corporel et mon être spirituel ! Mais, ô mon Dieu, que ta volonté soit faite. »[7]

 

 

Ils imploreront ensuite pour obtenir le pardon en gémissant :

« Pénétré de la plus vive douleur sur mon ingratitude et ma rébellion, je m’élève vers Toi du plus profond abîme de ma privation ! Oui, je suis coupable, ô mon Père divin, mais prends pitié de moi, exauce ma prière et je redeviendrai juste ; purifie mes facultés spirituelles et corporelles et ma parole sera puissante»[8]

ou encore :

« Je suis coupable envers Toi, mais ô mon Dieu, je suis ta créature et Tu ne me laisseras pas être la proie éternelle du péché. Tu me laveras de mes souillures par le sacrifice ineffable de ton fils ô +8 mon Sauveur ; Tu me purifieras par le feu réparateur de ton Esprit saint ô +7 mon Sanctificateur. »[9]

et enfin :

« Ton homme, Tout-Puissant Dieu de Jacob, enseveli dans les misères et dans une douleur amère, crie vers Toi du fond des abîmes d’une terre étrangère. Exauce ses lamentations et sa confession sincère, d'avoir été si ignominieusement séparé de Toi et de son prochain. C'est pourquoi je dépose mes plus grandes tristesses devant ton trône et tes puissances célestes et surcélestes, afin que leurs subordonnés rendent justice à ton homme selon son désir, et comme il te plaira de les autoriser (…) » [10]

 

(à suivre)

[1] Rm 5, 6-11

[2] Luc 23, 43

[3] La troisième opération des trois jours s’opère sous la forme de 2 substances : l’une visible et l’autre invisible

[4] Fonds Vichy -

[5] Invocation de Maître Coen – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282

[6] Invocation de Grand Architecte – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282

[7] Idem

[8] Idem

[9] Fonds Vichy, V 106 liasse 5 pièce 6

[10] Invocation de Maître Coen – Registre Vert des Elus Coens BNF FM4 1282M4 1282

Par Esh494 - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 22 août 2012 3 22 /08 /Août /2012 10:41

7-20--20Archanges.jpgLe sacerdoce Coen n'est théurgie que parce que l’opérant reçoit de l'Eternel toute force et puissance d'opération et de commandement après avoir recouvré les vertus et puissances de l'homme Premier. Nul ne peut « convoquer » les anges sans ce préalable indispensable car le risque serait alors de convoquer des entités indésirables et malignes qui ne manqueraient pas de porter préjudice à l’intégrité de l’opérant. Il faut alors de toute nécessité apprendre à distinguer ces entités spirituelles afin d’arriver à bien discerner l'or pur du cuivre, raison pour laquelle ces entités sont aussi représentées dans les cercles opératoires en vis à vis des entités bénignes qui permettront aussi de les contrôler et d’en contenir l’action dans la région du midi. D’où l’impérieuse nécessité aussi pour l’opérant de se protéger par le moyen de son pentacle mais aussi – et surtout -  par les prières, cérémonial de pénitence et les invocations à l’Eternel et à son Esprit qui doit illuminer et guider les travaux.


L’opérant devra donc, préalablement à l’exercice de son sacerdoce, restaurer l’image défigurée et s’acheminer sur le sentier de la ressemblance.  Il devra ensevelir le vieil homme, s’en dépouiller, pour revêtir les habits du nouvel homme. Et il ne pourra redevenir ce nouvel homme, ami et ressemblance du Principe, Adam régénéré, qu'en revêtant le Christ, c'est-à-dire en passant par le sang et l'eau de la croix - eau qui est source de vie et sang qui est feu purificateur de l’être déchu - par la pénitence et l‘expiation mais aussi – et surtout devrions-nous dire - par la grâce et le sacrement du baptême et de l'eucharistie. Alors ce n'est que revêtu de la tunique blanche et sans couture du Christ, qu’il aura acquise par la prière, la participation aux sacrements, les travaux préparatoires de pénitence et d'invocation qui sont l'oeuvre au noir et au rouge du Coen, que l'oeuvre au blanc se manifestera. Cette voie spirituelle - que l’on qualifie communément d’externe car l’on s’en tient trop facilement à l’apparence des choses et à la manifestation - n’est pas moins exigeante que la voie dite interne ou cardiaque. Elle suppose une foi inébranlable, une dévotion constante, une ascèse de vie exemplaire et une prière continuelle. L’opérant rythmera ses journées par les prières des quatre temps et l’invocation de l’Esprit Saint, du Christ, des Anges et de la divine Trinité ; ses semaines par l’expiation dans les psaumes de pénitence ; ses mois par l’imploration et l’action de grâce dans les invocations particulières ; il se préparera enfin à la grande opération par le jeûne et l’abstinence. Ici, dans ce sacerdoce continu, plus question de voie interne ou externe car l'opérant, en quête de sa restauration et réintégration, âme confondue, humiliée et repentante, appelle de tout son être la réconciliation qui est le rétablissement de la communication avec l’Eternel, les arrhes du Royaume des Cieux. Là est la mystique du Coen, celle qui relie l’opérant à l’Etre des Etres et le rend participant des mystères divins.


Alors, ayant accepté sa croix, ayant revêtu le Christ, redevenu à la ressemblance du Principe dont le Fils est la parfaite image, le Coen opèrera en union avec les choeurs angéliques à la réconciliation universelle et, par la force de commandement spirituelle recouvrée, obtiendra des esprits divins invoqués tout secours nécessaire à l’oeuvre qui est la sienne dans la manifestation attendue de la Gloire qui est le grand oeuvre de La Chose .

Par Esh494 - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 13:37

CerclesPour tous les Coens, hommes de désir en quête d’un renouvellement et d’un perfectionnement de leur réconciliation, le temps de l’équinoxe qui s'ouvre est l’occasion de réaffimer que l’état de Coen n’est pas consécutif à la simple obtention d’un grade quelconque mais à la pratique de la prière et des travaux opératoires que l’Ordre exige de ses membres. Sans eux, la soi-disant élection dont ils pourraient s’enorgueillir inutilement serait vaine et les ordinations reçues resteraient inopérantes.

 

En effet, un Coen est un homme Elu de la Providence et sur lequel cette même divine Providence déverse tous ses bienfaits. Bienfaits généreusement dispensés par amour  au travers des ordinations reçues mais qui sont autant de dons gaspillés si chacun n'en faisait l'usage pour lequel la Providence, et l'Ordre qui est son bras agissant, les a élus.

 

Car il faut bien noter que le système de l’Ordre des Elus Coens n'est pas un système de grades. C'est un système de grâces. Grâces divines conférées dans l'Esprit et par l'Esprit et transmises dans les ordinations par les mots de puissances et noms d’esprits qui sont autant de bénédictions, de verbes de puissance et de marques de protection et de vivification accordés aux récipiendaires et qui agissent comme le sceau de cette élection.

 

Aussi, tous les Coens sont-ils appelés à profiter de ce temps d'équinoxe pour oeuvrer chacun dans leurs circonférences, mais aussi ensemble physiquement ou sympathiquement, à leur réconciliation ainsi qu’à celle de tous les hommes et de la création universelle. Ils agissent de concert par la pénitence, le renoncement ou kénose, la prière et les travaux de l’Ordre qui sont les voies privilégiées de la rédemption, de l’illumination et de la réintégration.

 

Chaque Coen est ainsi invité préalablement et postérieurement aux travaux théurgiques qui viendront couronner ce temps d’équinoxe, à réciter rituellement les psaumes pénitentiaux et à se préparer physiquement et spirituellement par un jeûne relatif et la prière. Les travaux opératoires proprement dit, initialement prévus par les Statuts de l’Ordre pour durer 3 ou 7 jours sont quant à eux maintenant bien réduits du fait des contingences liées à la vie moderne. Mais comme disait le Maître, il faut faire avec ce que l’on a.

 

L’observance de ces consignes, accompagnée de prières quotidiennes, ainsi que la pratique d'une ascèse préparatoire personnelle, permettront à tous les Coens de se présenter à leurs travaux dans les meilleures conditions afin d'espérer recevoir en don les signes de la réconciliation et la douce manifestation de La Chose.

 

A tous les Coens, véritables hommes de désir, nous souhaitons paix, joie et bénédictions dans leurs travaux.

Par Esh494 - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire

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